Martyr de rien

Pour détourner la perdition

Martyrs de la tradition

Pour survivre à l’éternité

Martyrs de la modernité

Ils auront tué les passions

Martyrs de la traditions

Auront gangréné la liberté

Martyrs de la modernité

Jamais ne saisiront

Martyrs de la tradition

Leur seule unanimité

Martyrs de la modernité

 

 

Civil en cavale

Pourtant j’ai voté et voté

Ho que j’ai voté

Mais toujours contre moi

Je me suis associé, associé

Ho tant et tant d’associés

D’hommes, de femmes, de monstres infiltré

On a marché, protesté

Comme on s’est exposés

prosternés

Comme on nous a faits marcher

On s’est fait matraquer, taxer, embaucher

Ho les beaux bénéfices et les vacances

Jamais assez pour les enfants

 

Ne me réclamez plus par des papiers

tachés de codes et de chiffres

Ne m’appelez plus du tout

J’ai déserté la caverne

Je chante sur la route du doute

Civil en cavale

Citoyen de rien

 

Chute libre

Je contrecarre les plans

Je rends nul le barrage des idées

J’infiltre et désinforme, désinvolte

Je fissure jusqu’à l’armature

Je coule et me sens terre

Je suis chute assourdissante

Je suis la mer sans le savoir

Porteur de poussière

Je m’évapore inatteignable

Survole la peine du monde

Pleux sur sa sueur

pour épancher sa peur

de la liberté

 

Vers

Bien sur tu voudrais être un oiseau

Déployer tes ailes

Te laisser porter

par un vent favorable

Le vent de la liberté

vers d’infinis horizons

Mais saurais-tu sur quelle branche

poser ton petit corps épuisé?

Quelle écorce picorer, quelle fruit avaler?

Saurais-tu où migrer la saison venue?

Saurais-tu faire un nid

pour couver la coquille

de l’oiselet nouveau?

L’oisillon affamé de cette liberté

dont il ne te resterait plus

que quelques vers inégaux